Les Brèves

    Être coaché pour aller mieux

    Bien-être au travail

    Gérer le stress, désamorcer les tensions, favoriser les échanges entre les services d’une entreprise sont autant de leviers pour contribuer au « mieux-être au travail ». Pas évident d’agir seul. La coach et sophrologue Françoise Chopin intervient par exemple dans des sociétés du Centre-Val de Loire et les aide dans cette démarche.

    Claire Seznec

    Pour un chef d’entreprise, prendre conscience du bien-être de ses salariés est, certes, un premier pas. Mais comment les aider à atteindre ce sentiment tant désiré ? Et, surtout, peut-on réellement parler de bien-être ? « Appliqué au monde du travail le terme de « bien-être » est un peu fort, estime Françoise Chopin, sophrologue qui accompagne les entreprises de la région Centre-Val de Loire avec la société orléanaise Dale Carnegie. Je préfère parler de « mieux-être » ou de « qualité de vie au travail », c’est-à-dire être plus à l’aise dans son environnement professionnel. »

    En douze ans d’exercice, cette professionnelle a pu construire une solide réflexion sur le sujet et sur le management. Selon elle, de plus en plus d’entreprises, moyennes ou grands groupes, s’intéressent à la santé de leurs collaborateurs. Mais ne serait-ce qu’un effet de mode dû au mouvement du bien-être et de la pensée positive qui émerge ces dernières années ? « Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas parler de bien-être juste parce que ça fait bien et beau. Pour que ça fonctionne, il faut un projet plus complet que de faire des massages ou du yoga à l’heure de midi…, précise Françoise Chopin. C’est un travail au long cours dans lequel le salarié doit se sentir au cœur du dispositif. » Et pour cause : il faut compter un mois pour commencer à modifier ses habitudes, comme respirer tranquillement ou effectuer un suivi dans la communication entre salariés. Et ce n’est qu’à partir de six à huit mois, à force d’entraînement et d’attentions, que les comportements deviennent plus naturels.

    Le mieux-être au travail serait donc un tout, dans la durée. « Une seule journée de sensibilisation ne suffit pas, mais c’est quand même une avancée. Il faut qu’il y ait du sens : si des salariés bénéficient d’un coach sportif mais se font incendier par leur manager par la suite, c’est comme un pansement sur une plaie ouverte… », assure la sophrologue. En gros, si toute activité serait un bon moyen de favoriser le mieux-être, il faut une cohérence de l’ensemble du management.

    « Agir sur son propre bien-être »

    Quand on pense « bien-être au travail », une autre question se pose en écho : comment faire pour que le monde du travail ne soit pas un lieu de mal-être ? Dans un premier temps, il faut « identifier » l’élément qui déclenche le stress et/ou le mal-être en échangeant avec les services des ressources humaines, le service où se situe le « problème » et le(s) dirigeant(s). Une fois l’identification faite, le souhait futur doit être défini. « Prendre conscience des enjeux et des problématiques de mieux-être à long terme permet de co-construire un parcours préventif et curatif à destination des salariés », explique Françoise Chopin. C’est-à-dire travailler sur le management et créer des points d’écoute et des activités pour les collaborateurs de l’entreprise. Dans une grande entreprise du Centre-Val de Loire, suite à une journée de sensibilisation au bien-être, Françoise Chopin a ainsi créé un « parcours managérial pour repérer les tensions et les amoindrir ». Une fois par mois, elle aide également les salariés à gérer leur stress et donc à développer de nouvelles attitudes face à la tension. Dans une autre société, elle apprend aux managers à écouter les besoins et les ressentis des salariés. « C’est important, car les pensées génèrent des ressentis et du stress ; des comportements en découlent et peuvent accentuer un mal-être, précise la coach. Il s’agit d’agir sur son propre bien-être pour mieux être au travail, mais sans non plus tomber dans la pensée positive à tout bout de champ… »

    Son travail auprès des entreprises diffère ainsi selon les objectifs des dirigeants. Généralement, accroître la productivité des salariés pèse son poids dans la démarche. D’après Françoise Chopin, dans une entreprise où les salariés se sentent bien, des résultats se font sentir, car il y a une certaine motivation au travail : l’entreprise gagnerait en qualité et en productivité. Assez pour enlever la boule au ventre en allant travailler ?

    « ne pas tomber dans la pensée positive à tout bout de champ »
    Françoise Chopin, coach chez Dale Carnegie 

    Les Brèves

    • En bref

      Orléans : Une journée bien-être au lycée

      Lundi 4 décembre, le lycée Saint-Paul Bourdon Blanc d’Orléans a organisé une journée pédagogique sur le bien-être. L’un des ateliers concernait le bien-être au travail. Le directeur des ressources humaines de Servier était présent pour en parler : « pour que les uns se sentent bien, il faut que les autres se sentent tout aussi bien. C’est ça l’harmonie. (…) On se doit d’être professionnel dans le cadre du travail, il faut respecter les règles et être juste… »


      Le bien-être, ça s’apprend ?

      Ces dernières années, de nombreuses salles de sports et de sociétés de coaching s’emparent du sujet du bien-être au travail. Dale Carnegie (voir ci-contre), Coach Peter, EPTA Coaching, BeMind…. Tous proposent des modules d’accompagnement aux entreprises et aux salariés en quête de bonheur via le sport, les massages, la gestion du stress ou encore « l’écoute active ».


      France : Le "mal-être" coûte 12 600 €

      En France, l’indice de bien-être au travail (IBET), créé par le cabinet Mozart Consulting, est de 0,75. La valeur de cet indice évolue de 0 à 1, ce dernier chiffre représente la meilleure performance de l’engagement socio-organisationnel des entreprises. Mais, selon les calculs de ce cabinet, le mal-être au travail atteint tout de même 12 600 € par salarié et par an (dans le privé). Les experts expliquent qu’une surcharge de travail, une perte de sens, un manque de reconnaissance et une mauvaise qualité des relations affectent les conditions de travail et engendrent une baisse de performance.