Les Brèves

    Coup de langue

    Voilà plusieurs mois que l’apprentissage de la langue française est au cœur d’un débat. Écriture inclusive, féminisation… Autant de sujets majeurs qui secouent nos grands penseurs. Majeur ? Majeur pour qui ? Ce débat intellectuel est un sujet pour les riches. Ceux qui manient la langue avec aisance et qui regardent avec dédain ceux qui dérapent, piochent faute d’avoir pu maîtriser cette richesse dont on se gargarise mais qui est également une source sans fin de complexité. Plutôt que de s’inquiéter de ces sujets complètement secondaires – pour ne pas dire d’une absurdité rare – trouvera-t-on un intellectuel ou un « grand maître » de l’apprentissage du français pour s’inquiéter de cette fracture qui ne cesse de se creuser entre les lettrés et les autres plus ou moins à l’aise avec la grammaire ou la conjugaison et autres accords alambiqués. Car qui n’a pas, en lisant une lettre de motivation, porté un regard négatif sur un candidat à l’emploi ? On sait tous que ce bout d’écrit devient un premier filtre pour un recruteur qui souvent croule sous les candidatures. La fracture est là. Cette richesse de la langue crée aussi des pauvres. Sans déstabiliser tout l’édifice, ne pourrait-on pas faciliter l’apprentissage en mettant de côté quelques-unes des règles qui font perdre pied à beaucoup leur empêchant d’aller plus loin voire même de s’imprégner avec envie de cette richesse ? Un sujet, c’est certain. Voilà qui mérite que l’on use du verbe avec un complément !

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