Les Brèves

    Astérix l’Orléanais !

    Les Floralies de 1967

    Pendant six mois, lors des Floralies de 1967, une reconstitution d’un village gaulois inspiré par Astérix investit le Parc floral de La Source. Elle attire des milliers de personnes, dont plusieurs célébrités…

    Claire Seznec

    Avril 1967 : dans le récent Parc floral de La Source, à Orléans, ça s’active. La cité johannique accueille les Floralies Internationales, devenant ainsi, pendant six mois, la « capitale mondiale de l’horticulture ». Pour l’occasion, l’un des tout premiers parcs d’attractions français est créé par l’Association Florale orléanaise : « Floralix », un village gaulois grandeur nature inspiré par la bande-dessinée Astérix.

    À cette époque, les héros d’Uderzo et Goscinny connaissent un grand succès, avec deux millions d’albums vendus en une seule année. Les auteurs décident d'ailleurs de faire le déplacement jusqu’à Orléans !

    Un temple de 23 m de haut !

    Une grande place, une maison du chef, des huttes aux toits de chaume (où sont installés des commerces et restaurants), une halle, une maison de barde sur pilotis et même un élevage de sangliers prennent ainsi place dans le Parc floral. Une enceinte aux portes monumentales et une tour de guet ouvrent sur l’entrée, où une statue d’Astérix accueille les visiteurs avec cette maxime : « À Astérix, Floralix reconnaissant ! »

    « floralix a éclipsé le festival horticole et floral… »

    Mais l’attrait phare est un temple gallo-romain dédié à Mars Mullo. Loin de toute fantaisie, le professeur Borius, de la Faculté de Lettres de Tours, a veillé, pour sa construction, à prendre pour modèle un temple dédié au même dieu et découvert dans la Sarthe en 1952. Cet ambitieux bâtiment mesure 23 mètres de hauteur, 38 mètres de long et 22 mètres de large !

    Polnareff, Gréco et les autres…

    Dans la presse nationale de l’époque, plusieurs articles font écho à ce village, qualifié de « clou publicitaire ». Si bien qu’au début, « Floralix a éclipsé le festival horticole et floral », affirmera plus tard Serge Vassal, du Collège Littéraire universitaire de La Source, dans un essai de bilan des Floralies.

    Lors de l’inauguration de l’événement, le ministre de l’Agriculture Edgar Faure visite en personne le village gaulois, coiffant même un casque pour l’occasion… Le Canard Enchaîné en fera l’écho le lendemain : « Pour une fois que c’est le ministre qui casque ! », titre, goguenard, le volatile. Jusqu’au 15 octobre 1967, on peut également croiser aux Floralies Michel Polnareff, Annie Cordy, Pierre Perret ou encore Juliette Gréco, tous témoins de ce joli « coup marketing », comme l’on dirait aujourd’hui…

    Les Brèves