Les Brèves

    Deux maires, un fauteuil, un bilan

    Ville d’Orléans

    Olivier Carré a attendu patiemment la fin de la longue phase élective pour présenter son bilan à mi-mandat. Un bilan qu’il partage de fait avec son prédécesseur mais sur lequel il a déjà imprimé sa marque, son style, sa vision pour Orléans.

    Philippe Hadef

    C’est un bilan de mi-mandat passé qu’a présenté Olivier Carré. Un bilan pour lequel il se doit d’associer son prédécesseur même si, son premier adjoint de l’époque avait largement contribué au programme qu’il défend aujourd’hui.

    Durant la campagne, justement, l’actuelle majorité avait surpris en mettant en œuvre un maillage de promesses de proximité. Au total 129 actions et 400 interventions de proximité qui, « pour les deux tiers », précise Olivier Carré sont, « à ce jour, réalisées ou engagées ».

    Il manquera néanmoins, lors du décompte final, deux actions qui ont été abandonnées. La première concerne le festival de la création numérique : Orléanoïde. « Nous avions prévu de le renforcer » confirme Olivier Carré. Mais après deux éditions passables, l’événement a été rangé dans les cartons. Idem concernant le parking du boulevard Aristide Briand. Là, c’est la généralisation du parking payant en centre-ville, très critiquée par ailleurs, qui a eu des effets sur la disponibilité des places existantes. « Un des effets positifs » de cette politique commente Olivier Carré qui sait que cette décision a été diversement appréciée.

    Mais si le maire d’Orléans compte bien continuer à remplir les engagements de campagne, il aura très rapidement marqué les esprits. Tout d’abord, en débloquant la situation de la rue des Carmes. On se souvient à peine de cette guerre de tranchées qui avait opposé une partie des riverains et la Ville à grands coups de procès. Olivier Carré par une approche tout en rondeur a réussi à réconcilier le projet avec les défenseurs du patrimoine et à entamer les travaux. Aujourd’hui « il n’y a pas de sujet ». Une formule qu’apprécie le premier magistrat quand il estime ne pas avoir à commenter.

    Une autre façon d’être maire

    Olivier Carré a également montré une forme d’agilité pour répondre aux différents problèmes par des solutions qui tiennent en un mot : synergie. Quitte à faire se rencontrer deux univers aux antipodes les uns des autres. Ce fut le cas avec le début des prestations Hors les murs qui répondaient à une nécessité, pour les piliers des arts du vivant à Orléans, de sortir d’un entre-soi mortifère. Et en organisant principalement ces évènements (42 au fil de l’année) en centre-ville, il répondait par la même occasion à la demande pressante des commerçants de voir leur environnement s’animer. Cette façon d’appréhender les dossiers a marqué. Tout comme d’ailleurs son positionnement politique qui après une campagne des primaires aux côtés de Bruno Le Maire, se solde aujourd’hui par une prise de distance des LR sans pour autant s’en éloigner trop… Un compromis totalement en phase avec ce qu’est Olivier Carré, capable de proposer à Dominique Tripet une mission sur les violences faites aux femmes et pouvant, tout à la fois, se montrer sans concession lorsqu’il s’agit de défendre sa politique de structuration du territoire et les outils qui engagent, l’espère-t-il, la ville et la métropole, dans un même élan, vers cette « fameuse » strate des quinze premières métropoles de France.

    Mauvais timing

    Mais ces années « Carré » auront aussi été marquées par un « couac ». Quand il décide, après avoir quitté l’Assemblée nationale de proposer au conseil municipal l’augmentation de sa rémunération – alors de 900 € – c’est une clameur qui s’élève de la ville. On met en avant des pourcentages… On s’indigne, on s’enflamme sur les réseaux sociaux. Clairement un mauvais timing pour l’élu alors que résonnait encore l’affaire « Pénélope ». Cette hausse de la rémunération a été érigée en symbole, faisant perdre toutes mesures à ceux qui commentaient cet élément de la vie de la cité.

    Une mauvaise appréciation du climat, alors que de nombreux arguments pouvaient légitimer cette démarche, qui a encore un certain écho dans la population. Difficile d’ailleurs de savoir, aujourd’hui, à quel point elle aura marqué les esprits durablement. 

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    • À savoir

      Économie : 4 000 emplois non pourvus

      Selon Oliver Carré, dans l’aire urbaine, 4 000 emplois ne sont pas pourvus. Et il ne s’agirait pas seulement d’emplois non qualifiés. Une situation qui selon le maire d’Orléans, montre que l’économie locale se porte bien. Si l’action municipale se trouve fort dépourvu dans cette situation sur laquelle elle possède peu de leviers, cela suscite néanmoins un commentaire de la part d’Olivier Carré : « cela inverse une idée reçue selon laquelle la croissance créée l’emploi. Dans ce cas précis, c’est l’opposé. C’est le capital humain qui manque pour permettre aux entreprises de continuer à se déployer ».


      Justice : Une prison aux Groues ?

      Le projet du centre aqualudique en lieu et place de l’ancienne prison d’Orléans n’est pas abandonné et continue de figurer en bonne place dans les projets de la Ville. Alors que l’État semblait prêt à conserver ce bien immobilier pour créer un Quartier de Préparation à la Sortie, la tendance semble évoluer si l’on en croit Olivier Carré qui pense que ce n’est plus vraiment la sortie qui est à l’ordre du jour pour les personnes qui y seraient incarcérées. Et, de fait, ce serait peut-être le signe d’une sortie de crise dans ce dossier. « Il semble que l’on s’achemine de plus en plus vers une vraie prison », explique-t-il. Et pour répondre aux besoins de l’État, Olivier Carré a fléché un terrain sur le quartier des Groues.


      Participatif : Une ville en co-construction

      Au nombre des nouvelles politiques menées sous l’impulsion d’Olivier Carré on peut noter l’émergence d’associer plus directement les habitants à la transformation de la ville. En mettant en place cette année le budget participatif qui a remporté un vrai succès avec plus de 160 projets proposés, le maire d’Orléans veut continuer sur cette dynamique. « La ville doit être co-construite », affirme-t-il. Et l’enveloppe qui sera consacrée à cette possibilité d’agir directement par le biais de cette consultation passera, l’année prochaine, de 100 000 € à 300 000 €.

      Lycée : Pas de concentration

      La construction d’un nouveau lycée qui aurait pu émerger à Chateauneuf et qui serait recentrer sur la métropole fait beaucoup parler ces derniers jours. « Rien n’est pour autant acquis » explique Olivier Carré qui n’est d’ailleurs pas sollicité directement sur ce dossier. « Je ne pense pas qu’il soit bon de positionner cet équipement au sein de la métropole ». Une densification qui, pour le maire d’Orléans et président de la métropole, n’aurait pas beaucoup d’avantage.