Les Brèves

    Sénat « revival »

    Samedi, les grands électeurs vont devoir se déplacer aux urnes. Un choix ? Non, une obligation qui peut être sanctionnée par une amende. Il s’agit là, en effet, de l’unique scrutin obligatoire dans notre structure démocratique. Étonnant, d’ailleurs, que l’on ne se soit jamais posé la question de sa généralisation en décryptant les effets de cette incitation forte pour les sénatoriales… Mais là n’est pas le propos. Le Sénat, cette chambre haute que l’on a souvent, à tort, décrit comme une maison de retraite pour vieux élus et dont l’intérêt, selon certains, ne mérite pas les sommes déversées pour son fonctionnement, va peut-être, sous l’impulsion du non-cumul des mandats, retrouver du sens.

    Jusqu’à présent, les collectivités avaient souvent, au cœur de leur exécutif, un député ou un sénateur. Un élu de la République qui, proche des ministères, pouvait jouer les lobbyistes pour tel ou tel projet local. Ou, de façon plus générale, faire remonter la grogne des collectivités quand un projet gouvernemental était en capacité de déstabiliser les équilibres de ces strates de décisions locales.

    Les députés aujourd’hui sont moins impliqués localement. Ce n’est d’ailleurs pas forcément un mal. Moins de localisme ne peut nuire au pays. Mais, de fait, les sénatrices et sénateurs deviennent légitimement les porte-voix des collectivités. Ces mêmes collectivités qui composent majoritairement le flot des grands électeurs. Il y a donc une véritable convergence qui redonne au Sénat toute sa place. Reste maintenant à envoyer à la chambre haute des personnes convaincues de l’importance de leur rôle…

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