Les Brèves

    1 300 ans de (re) constructions…

    La cathédrale d’Orléans

    Entre 330 et 1829, la cathédrale Sainte-Croix a connu de nombreuses modifications. Après les incendies, les pillages, les mouvements du sol et les guerres de religion, elle s’est métamorphosée, passant de simple église à la cathédrale que l’on admire aujourd’hui..

    claire seznec

    À l’époque où Orléans se nommait Aurelianum, vers l’an 330, Saint-Euverte, alors évêque de la cité, décida d’édifier une première église dans l’angle nord-est de la ville. Pour en dessiner les plans, il s’inspira de la croix du Christ, qui venait d’être découverte à Jérusalem. En sa mémoire, l’église prit donc le nom de Sainte-Croix. Ce fut ensuite Saint-Aignan, évêque successeur de Saint-Euverte, qui termina l’édifice vers 450, avec la surélévation du chœur par l’architecte Mélius.

    Quatre siècles plus tard, en 865 ans, le lieu fut saccagé par les Normands. En conséquence, vingt ans après ce pillage, des rois carolingiens entreprirent de la reconstruire. Mais une autre calamité porta ensuite un coup à l’édifice : ce fut le grand incendie de 989, qui détruisit une partie de la ville et consuma aussi Sainte-Croix. Face à cette catastrophe, une basilique romane s’éleva rapidement sur ses ruines. Les années passant, son chœur s’arrondit, trois chapelles s’ajoutèrent et un chemin se dessina jusqu’au chœur, où fut exposé un fragment de la Sainte-Croix. La légende veut qu’elle aurait été offerte par Charlemagne à son conseiller Théodulfe, évêque d’Orléans de 789 à 818.

    Épargnée par les Anglais

    Élevée au rang de cathédrale, Sainte-Croix continua ensuite sa mutation. Au XIIe siècle, deux tours appuyaient la façade et de nombreuses alvéoles parcoururent alors l’édifice. Sans doute construite trop rapidement et sur un sous-sol instable, une partie s’effondra cependant en 1227. Il fallut, de nouveau, entreprendre un vaste chantier. La cathédrale romane devint ainsi gothique, avec de beaux arcs-boutants.

    La Guerre de Cent Ans passant par là, la construction fut interrompue même si, étonnamment, les Anglais ne touchèrent pas au monument. Les travaux ne reprirent ensuite qu’au XVe siècle. En 1512, une grosse boule dorée surmontée d’une croix fut hissée sur le clocher, lui-même élevé à la croisée des nefs. À peine terminée, les ouvertures de la cathédrale furent murées par les protestants lors de la seconde Guerre de religion (1567).

    1829 : la fin du chantier

    Par la suite, les quatre piliers de la croisée des transepts, le clocher, la sphère, les voûtes du chœur et la nef s’effondrèrent suite à une explosion. Malgré un déblaiement rapide, ce ne fut qu’en 1601 que fut posée la première pierre de nouveaux travaux de reconstruction.

    La cathédrale Sainte-Croix que nous connaissons aujourd’hui fut achevée en 1829, mais connut cependant les affres des guerres, notamment dans le clocher. Aujourd’hui longue de 140 mètres et haute de 114 mètres grâce à sa flèche centrale, elle continue à faire rayonner Orléans et à émerveiller habitants et touristes.

    Voir les pages 10 et 11 de ce numéro de La Tribune HebdO pour plus d’informations sur les travaux actuels de rénovation de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans... 

    Les Brèves

    • Sainte-Croix et Pantagruel…

      La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans est apparue plusieurs fois au cours de l’histoire dans la littérature. François Rabelais, dans Pantagruel, évoque ainsi la « boule dorée » surmontant le clocher de l’édifice. Dans l’œuvre, elle est l’une des pilules d’airain ayant servi à l’exploration de l’estomac du géant Pantagruel afin de le guérir...