Les Brèves

  • 3,5 M€

    C’est le budget alloué par l’État à la restauration de la cathédrale Sainte-Croix depuis mars 2015. 

Un chantier permanent

Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans

Restauration de la façade, des arcs-boutants, et bientôt du grand vestibule… La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans ne cesse d’être en travaux. Chaque jour, des tailleurs de pierre, des couvreurs et des sculpteurs sont à pied d’œuvre pour conserver ce patrimoine qui appartient à… l’État.

Claire Seznec

Située au cœur d’Orléans, la cathédrale Sainte-Croix est répertoriée comme l’une des « cathédrales géantes » – en termes de dimensions (voir encadré) – de France. Depuis le XVIIe siècle, plusieurs restaurations lui ont permis de rester debout et de continuer à resplendir. « Pour un édifice de cette taille, la restauration, financée à 100 % par l’État, est permanente », précise Frédéric Aubanton, chef de service à la Conservation régionale des monuments historiques au sein de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) Centre-Val de Loire.

La dernière rénovation en date ? Celle que l’on peut voir encore aujourd’hui, sur le bras nord du transept. Depuis mars 2015, quatre arcs-boutants (élément d’ossature de l’architecture gothique) et deux culées (élément statique destiné à recevoir l’extrémité de l’arc-boutant) ont été restaurés. « Des tailleurs de pierre, des couvreurs et des sculpteurs travaillent pour nettoyer et/ou changer certaines pierres anciennes, complète Frédéric Aubanton. Depuis mars 2015, 160 m3 de pierres ont été changés sur les arcs-boutants, les corniches et les garde-corps. » Pour ça, il faut parfois démonter ces éléments.

Ils sont remplacés, le temps du changement, par des poutres d’étaiement.

Une restauration primordiale

Les arcs-boutants ont un rôle indispensable dans la structure de la cathédrale : leur force appuie vers l’intérieur de l’édifice, au contraire des voûtes d’ogives, dont la force appuie vers l’extérieur. Ces deux mouvements conjoints apportent l’équilibre nécessaire à la stabilité du bâtiment. L’une des originalités de Sainte-Croix est l’accessibilité de ces arcs via des escaliers en pierre, qui partent de l’intérieur de la cathédrale. « À l’époque, ces escaliers servaient à l’entretien des arcs-boutants. Aujourd’hui, ils sont endommagés, notamment par les écoulements d’eau de pluie, explique Frédéric Aubanton. Les ouvriers passent par l’extérieur pour accéder aux éléments à restaurer. Les arcs eux-mêmes en souffrent, car ils servent d’évacuation d’eau des hautes toitures. » Leur érosion altère les évacuations, mais aussi la structure en-dessous. D’où l’importance de leur restauration.

Sécuriser le chantier

Pour monter les nouvelles pierres – « de qualité supérieure » aux actuelles – des tours d’échafaudage avec des ascenseurs ont été installées le long de la cathédrale. Évidemment, transporter des pierres à plusieurs dizaines de mètres de haut n’est pas sans danger : alors, pour sécuriser le chantier, un enclos surveillé et doté d’une alarme encadre les échafaudages et une clôture de six mètres de haut évite toute intrusion sur le site. « Si quelqu’un s’introduit, ça peut être dangereux », répète plusieurs fois Frédéric Aubanton. Il est donc déconseillé d’approcher de trop près le chantier.

La restauration des arcs-boutants du bras nord devrait s’achever au début du mois de décembre, sans doute le 8. Mais les travaux ne s’arrêteront pas là : le grand vestibule de la cathédrale devrait être restauré après les prochaines fêtes johanniques. Viendront ensuite, d’ici quelques années, le chantier de la flèche et celui des arcs-boutants de l’angle sud-ouest de l’édifice.

« depuis 2015, 160 m3 de pierres ont été changés »
Frédéric Aubanton, chef de service à la DRAC

Les Brèves

  • La cathédrale Sainte-Croix, c’est…

    32 m de hauteur sous voûte

    65 m de largeur extérieure au niveau du transept

    88 m de hauteur pour les deux tours

    114 m de hauteur pour la flèche centrale

    140 m de longueur