Les Brèves

  • À savoir / SNCF

    Fréquentation : Cinq millions par an

    La gare des Aubrais accueille 1,7 million de voyageurs par an, soit 5 500 à 6 000 par jour, selon la SNCF. À Orléans, cela s’élève à 3,2 millions de voyageurs par an (soit 11 000 par jour). Ce qui équivaut, au total, à près de 5 millions de voyageurs cumulés sur les deux gares.

    Menace terroriste : Plus de vidéosurveillance

    « Sur la sécurité, on est soumis, comme l’ensemble des services publics, à Vigipirate. On a des liens très étroits avec les préfectures, les services de police et de gendarmerie en termes de surveillance et de sécurisation de nos gares. On a aussi une grande vigilance sur nos voies par notre propre personnel », explique Stéphane Coursier, directeur régional mobilités en Centre-Val de Loire (voir ci-contre). On comptabilise notamment un peu plus d’une quarantaine d’agents de la SUGE (Police ferroviaire en Région Centre-Val de Loire). De la vidéosurveillance devrait également davantage se déployer dans les gares et dans les trains de la région.

    Concurrence : La Région met la pression

    La SNCF se prépare – ou pas – à l’ouverture à la concurrence. Ce sera vrai pour les lignes à grande vitesse en 2020, mais aussi pour les TER en 2023. Est-ce à dire que la Région Centre-Val de Loire pourrait faire appel, à terme, à une autre compagnie que la SNCF ? D’emblée, le vice-président de la Région en charge des transports ne se dit pas un fervent défenseur de la concurrence, mais il ajoute tout de même : « nos relations contractuelles avec la SNCF doivent être plus claires, plus efficaces et moins onéreuses. Si la SNCF reste sur une position défensive, avec peu d’efficacité et une faible lisibilité, il y aura probablement une réflexion toute autre à avoir sur ce sujet… »

Réseau ferroviaire : « La situation s’améliore... un peu »

Stéphane Coursier est le directeur régional mobilités en Centre-Val de Loire depuis le 1er avril. Il se dit conscient que la régularité des trains –« pour qu’ils arrivent le plus à l’heure possible » – est l’un des défis majeurs de la SNCF en région.

Marie Deroubaix 

Quel a été votre parcours ?

stéphane coursier : Cela fait 30 ans que je suis à la SNCF. Dernièrement, j’étais directeur des opérations, en charge de la supervision de la production ferroviaire et de la gestion des perturbations au niveau national. J’ai déjà été directeur de Région, en Midi-Pyrénées et sur Paris Rive-Gauche. J’ai aussi dirigé l'axe TGV Atlantique. Et mon premier poste a été… chef de gare à Lille.

En tant que nouveau directeur régional, quelle est votre priorité ?

S. C. : Permettre aux TER d’être le moyen de mobilité le plus pertinent possible pour les voyageurs sur la région. D’ailleurs, depuis le début de l’année, le trafic est à la hausse, de l’ordre de 2 % par rapport à ce que l’on a pu vivre ces dernières années, où le trafic était stable. Cela montre la pertinence des TER sur les déplacements régionaux.

Concrètement, comment comptez-vous vous y prendre ?

S. C. : Il y a un besoin d’informations et de prise en charge de nos voyageurs, qui passent notamment par le digital. On a, par exemple, développé sur la région des fils Twitter qui touchent désormais plus de 4 000 personnes et qui permettent d’avoir en temps réel un dialogue. La deuxième chose, plus traditionnelle, est d’avoir une bonne régularité de nos trains pour qu’ils arrivent le plus à l’heure possible. On a d’ailleurs, sur la région, une situation qui s’améliore un peu. Nous avons plus de 9 trains sur 10 qui arrivent avec moins de 5 minutes de retard. C’est toujours insuffisant, mais on y travaille. Ensuite, on axe sur le confort avec le renouvellement du matériel de notre parc. On renouvelle notamment les sièges.

Pas de changements en vue sur paris-orléans

Comment comptez-vous lutter contre la concurrence qui se développe, notamment le covoiturage ?

S. C. : Nous souhaitons avoir des possibilités multimodales, c’est-à-dire permettre aux voyageurs d’utiliser plusieurs moyens de transport pour se rendre là où ils veulent aller. On travaille aussi sur la tarification intégrée pour avoir sur le même Pass la possibilité d’utiliser ces différents moyens de transport. Par exemple, avec le conseil régional, qui a aussi en charge les cars régionaux, l’idée est de permettre des liaisons trains/cars bien intégrées.

Pouvez-vous nous parler des Trains d’Équilibre du Territoire (TET), qui seront, au 1er janvier 2018, sous la responsabilité de la Région ?

S. C. : Cela concerne trois lignes : Paris-Orléans-Tours, Paris-Orléans-Bourges-Montluçon et Paris-Nevers. Cela correspond à un portefeuille de 20 000 voyageurs/jour.

Au 1er janvier, il n’est pas prévu de modification particulière, mais en termes de matériel et de désertes, cela permettra à la Région de regarder ce qu’il faut faire comme investissements pour continuer à développer ce trafic et être au plus près des besoins des collectivités et des voyageurs (voir encadré).

Une liaison plus dense entre Orléans et Paris est-elle à l’étude, alors même que les travaux au niveau de Brétigny-sur-Orge obstruent la circulation ferroviaire certains week-ends ?

S. C. : Pour l’instant, on conserve ce qui existe aujourd’hui, c’est-à-dire la desserte TER qui existe entre Paris et Orléans -et qui permet de desservir certaines gares dans l’Eure-et-Loir-et le complément des trains directs vers Les Aubrais ou vers Orléans : c’est 13 allers-retours par jour sur la partie Intercités, 8 sur la partie TER. Mais les réflexions sont ouvertes.

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  • La main sur les "tet"

    Les Intercités, et notamment la ligne Paris-Orléans-Tours, seront bientôt sous la coupe de la région Centre-Val de Loire. Ces trains d’équilibre territoriaux (TET) auront, dès le 1er janvier – à condition que la convention en cours de constitution soit bien ratifiée par les différents protagonistes – une nouvelle autorité organisatrice. La Région pourra ainsi agir pour contraindre la SNCF, avec des pénalités financières, comme elle le fait déjà pour les TER, à tenir ses horaires ou réduire les annulations. « Nous allons également travailler les cadencements de façon à mieux combiner les trains rapides entre ces trois villes et les caboteurs » qui alimentent les gares intermédiaires, explique Philippe Fournié, vice-président délégué aux transports. De la même manière, l’État engagera une enveloppe de 460 M€ pour remplacer le matériel roulant, « avec une vraie qualité de service et de confort », ajoute l’élu. Ces évolutions profondes ne seront pas pour autant immédiates. Il faudra attendre quelques mois pour que les pénalités nouvelles s’appliquent et plusieurs années pour dégager les sillons qui seraient privilégiés pour le nouveau cadencement. À partir de 2019 (et jusqu’en 2023), de nouveaux trains remplaceront les « vieux » Corail et Intercités.