Les Brèves

    La démocratie est-elle trop chère ?

    Ça commence à devenir fatigant, très fatigant… L’État doit faire des économies et, par une magie incroyable, ce sont les collectivités territoriales qui doivent se serrer la ceinture. À la limite, on peut en discuter et l’entendre, d’autant qu’il s’agit d’une vieille rengaine.

    Par contre, quand j’entends que, pour faire des économies, et plus encore pour le symbole – il a bon dos le symbole – , il faudrait réduire le nombre d’élus locaux… Billevesée. On devrait avoir confiance dans la capacité de calcul du savant ex-patron de l’économie française devenu aujourd’hui Président ? Mais dire que réduire le nombre d’élus peut alléger la dette de la France me paraît simplement absurde, et de surcroît populiste. Le prix – modeste au plan local – de la démocratie ne serait-il plus supportable pour la France ? Je suis encore plus en colère quand on explique que ce serait pour mieux rémunérer ces élus et mieux protéger leur statut. C’est clair qu’au niveau du symbole, nous serions là dans le paroxysme de l’hypocrisie. Cela me fait penser aux grandes régions et aux faramineuses économies qui devaient en découler. Mensonges !

    D’autant que, à vouloir spécialiser toujours plus, qui pourra un jour prétendre s’inscrire dans cette démarche et devenir élu ? Car aujourd’hui, si les édiles les plus en responsabilité (maire et adjoints majeurs) n’ont certes que peu de possibilités d’avoir une activité – sauf à être un chef d’entreprise, un libéral qui peut gérer son emploi du temps, un fonctionnaire en détachement ou un retraité – il reste encore sur les bancs des ouvriers, des techniciens, des cadres. Des Français, en quelque sorte… Croyez-vous qu’un de ces salariés du privé mettra en péril toute sa carrière professionnelle et pourra espérer rebondir après avoir servi sa commune pendant six ans ?

    À la limite, si l’on veut vraiment réduire le nombre d’élus, réduisons le nombre de communes. Tiens, cela me fait penser à une idée qui a fait grand bruit dans notre agglomération : la « ville nouvelle »...

    Pour ma part, je préfère voir disparaître des barrières symboliques que de voir disparaître la démocratie au plan local.

    Les Brèves