Les Brèves

    Yakaygo, la vie au grand air

    Entreprise orléanaise

    Cette start-up implantée au Lab’O a lancé la semaine dernière sa plateforme de réservations consacrée aux activités de plein air. Cinq cents seront très bientôt référencées, et les créateurs de Yakaygo espèrent doubler ce nombre d’ici la fin de l’année.

    Benjamin Vasset

    En mars dernier, Guillaume Beaurepaire et Vivien Fauve venaient d’investir leurs bureaux du Lab’O. Fraîchement arrivés, ils se satisfaisaient d’avoir à portée de main toute une gamme de services qui leur permettaient d’accompagner leur projet alors en gestation : une plateforme centralisant un large panel d’activités de plein air (kayak, équitation, escalade, rafting…) sur tout le territoire national. Un peu plus de trois mois plus tard, le concept a désormais une existence concrète : Yakaygo est née la semaine dernière ; elle va bientôt peser plus de 500 activités recensées et ses parents se portent bien, merci pour eux. Cent vingt personnes sont d’ailleurs venues assister aux premiers pas du nourrisson mercredi dernier, au Lab’O, lors d’une démonstration organisée par ses deux géniteurs. « On se donne un mois pour corriger les petits bugs techniques qui pourraient avoir lieu », précisait toutefois Guillaume Beaurepaire.

    Un marché à investir

    Pour le reste, la demande paraît être là. Dans une enquête datée de 2011, le ministère des Sports constatait ainsi qu’avec « 25 millions de pratiquants âgés de 15 ans (…), les sports de nature connaissaient un réel engouement en France.». Cette note n’est certes plus de première fraîcheur, mais elle témoignait déjà, à l’époque, d’un boom pour les activités de type canoë, randonnée, etc. Cette tendance, Guillaume Beaurepaire l’a lui aussi observée lorsqu’il s’occupait d’un club de canoë à Châteaudun, dans l’Eure-et-Loir. « L’an dernier, nous avions mis en ligne un site qui proposait de réserver par Internet. Même s’il n’avait pas supprimé le coup de téléphone traditionnel et la venue “en direct”, les réservations avaient bondi de 30 % ! », raconte l’entrepreneur, qui a quitté son travail d’alors pour échafauder son projet. C’est là qu’a germé le concept de Yakaygo, dont les deux premières syllabes sont tout simplement le verlan de « kayak »… « C’est pas facile de trouver un nom… se marre Guillaume Beaurepaire. Soit ils sont tous pris, soit les noms de domaine sont déjà achetés ! Il a donc fallu être malin… »

    500 réservations espérées

    Jusqu’à la fin de l’année, l’idée de Yakaygo est de gonfler le catalogue d’activités et de faire « entrer » au moins 500 nouveaux partenaires dans l’escarcelle de la plateforme. Autant dire qu’à l’heure où certains se feront dorer la pilule sur les plages de France, les créateurs de Yakaygo et leurs trois stagiaires seront devant leurs ordinateurs pour donner au site son rythme de croisière. S’il atteignait même la vitesse d’un multi-catamaran sur les eaux de l’Atlantique, ce ne serait pas pour déplaire à Guillaume Beaurepaire et Vivien Fauve : dans l’univers start-up, favoriser une croissance et un retour sur investissement rapides sont des vertus quasi cardinales.

    Le business plan de l’entreprise a commencé à être travaillé au mois d’octobre 2016, avant que Yakaygo ne soit officiellement créé en janvier dernier. Au-delà des partenaires bancaires classiques, Initiative Loiret et le Réseau Entreprendre Val de Loire ont accompagné financièrement la start-up dans sa phase de lancement. La Ville d’Orléans lui a également octroyé une Bourse Jeunes, et les deux compères ont également été lauréats du Concours Jeunes Talents BGE de la création d’entreprise.

    « L’utilisateur ne paye rien »
    Guillaume Beaurepaire, co-créateur de Yakaygo

    Le modèle économique de Yakaygo est relativement simple : à chaque réservation effectuée par un utilisateur, l’« offreur » qui vend une prestation reverse une commission à la plateforme. « L’utilisateur ne paye rien du tout », précise Guillaume Beaurepaire, qui table sur 500 réservations d’ici la fin de l’année. À terme, celui-

    ci réfléchit déjà à proposer des offres groupées entre partenaires. « En mixant, par exemple, activités de montgolfière et kayak sur une journée. » Pour faire monter la sauce, le nerf de la guerre consistera à amener sur la plateforme le plus grand nombre d’offreurs et d’utilisateurs. Pour ces derniers, une présence à la fois ciblée et tous azimuts sur les réseaux sociaux et via le blogging est la clé indispensable pour ramener du trafic. L’autre porte d’entrée pourrait être de nouer des partenariats avec de grandes enseignes, type FNAC et Decathlon. « Quand des usagers vont acheter du matériel dans un magasin de sport, pourquoi ne pas leur proposer les services de Yakaygo par le biais de bornes interactives ? », soumet Guillaume Beaurepaire,.Sa start-up n’est pas encore arrivée en eaux vives qu’elle souque déjà ferme…

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    • Partout en France

      C’est l’une des particularités de Yakaygo : bien qu’elle soit orléanaise et implantée au Lab’O, la plateforme vise un marché national, voire plus. « Nous n’avons pas axé notre prospection sur le Centre-Val de Loire », explique Guillaume Beaurepaire. Pour l’instant, la majorité des activités proposées se trouve d’ailleurs en… Rhône-Alpes ! Suivent ensuite la région Centre-Val de Loire, puis l’Île-de-France et la Bretagne. Avis aux amateurs…