À deux pas, LA SOLOGNE…

Les Brèves

  • Idées sorties à proximité d’Orléans

    C’est une terre remplie de paradoxes, humide en automne mais verdoyante et resplendissante en été. Ce n’est pas pour rien que de riches propriétaires parisiens, parmi quelques stars du show-biz (Christophe Dechavanne par exemple), des grands patrons au portefeuille bien garni (Olivier Dassault, Martin Bouygues, Thomas Savare…) et même des émirs qatariens ont investi dans d’immenses propriétés où ils viennent s’adonner, le week-end venu, aux joies de la chasse en milieu hospitalier. En février dernier, le magazine Capital s’est d’ailleurs fait un malin plaisir à survoler quelques-uns de ces domaines le plus souvent cachés derrière de grandes forêts de massifs. On y voyait, au niveau du plancher des cerfs et des sangliers, des propriétés immenses serties de dizaines d’étangs et vastes de plusieurs centaines d’hectares…

    Mais la Sologne ne doit pas être abordée par cet unique prisme du bling-bling et de la chasse en loden, que les médias nationaux aiment employer pour évoquer ce territoire d’une authenticité rare. Le problème est que les Solognots ont souvent du mal à mettre leurs atouts en valeur, les atermoiements autour de l’émergence de la marque Sologne illustrant bien cette difficulté à se rassembler autour d’une table et, surtout, à dépasser les intérêts de chapelle. Mais tout cela fait aussi le charme et la spécificité de la Sologne, une terre pleine d’Histoire et de mystères, où l’on y respire un air aussi pur que le fumet d’un cuisseau de sanglier en plein automne… En attendant la diffusion en salles, cet automne, de L’École buissonnière, le film du Nicolas Vanier tourné l’an dernier dans la région (voir notre dernier numéro), voici un condensé de cette Sologne que les Orléanais peuvent explorer en quelques minutes seulement…

  • Châteaux : Chambord, mais pas que…

    Évidemment, avec son million de visiteurs revendiqués, le Domaine de Chambord fait figure de mastodonte et de locomotive touristique. Mais l’ancien pavillon de chasse de François Ier est un chêne qui cache une forêt d’édifices plus méconnus. On n’intégrera pas Cheverny dans cette classification, tant ce château pris pour modèle par Hergé quand il dessina Moulinsart fait désormais partie des haltes prisées des tour-opérateurs.

    À quelques encablures de Cheverny, les curieux pousseront ainsi jusqu’au château de Troussay, un très joli petit manoir des XVe et XVIe siècles. Pas très loin, du côté de Cellettes, aux environs de Blois, le château de Beauregard est une remarquable halte, ne serait-ce que pour sa « Galerie des Illustres », riche de 327 portraits retraçant 315 ans d’histoire sur le Vieux Continent.

    Plus près d’Orléans, certains connaissent déjà le château de La Ferté-Saint-Aubin et son espace dédié aux jouets anciens que les enfants adorent… Enfin, on ne vous conseillera que trop de pousser jusqu’à Lassay-sur-Croisne, en direction de Romorantin, pour arriver jusqu’au château du Moulin. Entouré par les douves, ce monument construit à la fin du XVe siècle, semble flotter sur l’eau, paisible, repu et indestructible…

  • Braconnage, cerf et étangs…

    Les maisons à thème sont une des fiertés de la Sologne. On en compte plusieurs sur tout le territoire, à commencer par la Maison du Braconnage, à Chaon, qui vient de fêter ses 20 ans d’existence. Dans ce bâtiment aux courbes étonnantes, le photographe et journaliste Pierre Aucante a conceptualisé une muséographie éclairée et atypique, présentant notamment les techniques du braconnage et son histoire, notamment mythifiée par Maurice Genevoix dans Raboliot. À Villeny, la Maison du Cerf mérite aussi le détour : on y retrace ici la vie du noble animal symbole de la faune locale. Toujours dans le Loir-et-Cher, la Maison des Étangs de Saint-Viâtre décrypte cet écosystème caractéristique de la Sologne.

    Enfin, saviez-vous que La Ferté-Saint-Cyr, à quelques kilomètres de Chambord, était une terre de pèlerinage pour de nombreux croyants ? Le mérite en revient à Daniel Brottier, l’enfant du pays, qui fut béatifié en 1964 par Jean-Paul II. Au début du XXe siècle, celui-ci fonda un patronage et un jardin d’enfants au Sénégal. Sa maison natale, à La Ferté-Saint-Cyr, raconte sa vie et son œuvre spirituelle. 

  • Un zeste de musées…

    La Sologne n’est pas à proprement parler une terre de musées, et ce d’autant plus que sa principale tête de gondole, le Musée de Sologne, à Romorantin, a été très lourdement touchée par les inondations de mai-juin 2016 : la crue de la Sauldre avait en effet endommagé les bâtiments et, plus d’un an après la catastrophe, l’établissement est toujours fermé au public. Ce n’est pas le cas de l’ Espace Matra, toujours à Romorantin, qui ravira les fans de mécanique et de belles cylindrées. Plusieurs spécimens de cette marque qui fut à l’époque l’un des fleurons de l’industrie automobile française y sont exposés. Et une exposition, « C’est L’Amérique au Musée Matra », s’y tient cet été, et jusqu’au 11 novembre. 

    Signalons aussi la réouverture dans le Loiret, du Musée-château de Gien, remis aux mains du public au printemps après plusieurs années de travaux, et qui met à l’honneur les traditions cynégétiques de la Sologne et de ses environs. Grand amateur de chasse, l’ancien Président Valéry Giscard d’Estaing est d’ailleurs venu l’inaugurer en personne !

  • Des escapades gourmandes…

    Asperges, fraises, gibier… Le terroir gastronomique de la Sologne recèle de nombreuses spécialités culinaires à apprécier auprès de restaurateurs talentueux et de restaurants savoureux. Difficile de dresser une liste exhaustive des meilleures adresses solognotes, mais citons pêle-mêle L’Auberge du Cheval Blanc, à Yvoy-le-Marron, La Diligence, à La Ferté-Saint-Cyr, La Chaumière, à Aubigny-sur-Nère, ou encore le seul restaurant étoilé de Sologne, Le Lion d’Or, à Romorantin.

    Du côté de La Ferté-Saint-Aubin, dans la Sologne du Loiret, L’Orée des Chênes ou le Château des Muids sont deux étapes gourmandes de choix. Tout près de Chambord, la commune de Bracieux comporte une densité impressionnante de restaurants goûteux, comme Le Relais d’Artémis ou Le Rendez-vous des Gourmets. Enfin, pour les Orléanais qui voudraient prendre l’A 10 direction Blois, la cité blésoise dispose aussi de bonnes adresses, à commencer par L’Orangerie du Château ou Assa, qui mélange les influences asiatiques et locales. 

  • Que faire en Sologne cet été ?

    À Salbris, l’Almeria Parc du cascadeur équestre Frédéric Sanabra propose une multitude de spectacles et d’activités autour du cheval. Les 22 juillet et 26 août, l’endroit abrite la Féria andalouse, une création qui mettra à l’honneur la musique gitane et les chevaux ibériques. Plus champêtres : la fête des Guernazelles, à Bracieux, du 4 au 6 août, et le festival L’Écho du Caquetoire, à Cheverny, du 11 au 13 août.

    Un autre événement à découvrir au moins une fois si le temps est de la partie : participer à Un soir d’été, le 4 août, au château de Villesavin à Tour-en-Sologne. Au programme : dîner ou pique-nique dans le parc, suivi de la projection d’un film à 22 h. Plus connues, enfin, les fameuses Nuits de Sologne, à Nouan-le-Fuzelier, dont ce sera la dernière édition au terrain dit du Petit-Neuteau (voir p.6). Le spectacle pyrotechnique aura lieu le 2 septembre prochain, pour bien clôturer les vacances…

  • En quête de frissons nocturnes...

    Comme de nombreux autres territoires français, la Sologne s’est mise à l’heure des hébergements insolites. Ceux-ci sont évidemment d’abord destinés aux touristes, mais les autochtones en quête de dépaysement pourront par exemple s’adonner aux plaisirs d’une nuit dans les arbres, dans une des cabanes du Jardin des Lierres, à Vouzon. Déconnexion promise également au Domaine des Alicourts, à Pierreffitte-sur-Sauldre, où un Forest Camp a été monté pour

    (re)trouver les joies de vivre en hauteur, comme un Robinson des temps modernes… À signaler aussi une plongée au cœur des vignes au Domaine de Montcy, à Cour-Cheverny, une nuit sur l’eau dans une « Flotente » à Nouan-le-Fuzelier, une bulle de nature (voir photo) à Brinon-sur-Sauldre, ou encore une nuit au cachot (si, si…) dans l’ancien donjon des Seigneurs de Beauvoir, à Blois. Enfin, tout le monde – ou presque – connaît déjà les cottages de Center Parcs, implantés à Chaumont-sur-Tharonne depuis plus de vingt ans. Quand il s’agit de passer des nuits rocambolesques, les Solognots ne manquent décidément pas d’idées…