Les Brèves

    Faire vivre le centre d’Orléans

    Une expérience participative

    La ville d’Orléans s’est embellie, mais il manque encore des aménagements pour la vivre agréablement au quotidien. Alors, de plus en plus, les élus appellent les citoyens, les commerçants et les associations à partager leurs idées. En juillet, certaines sont testées en vue d’être, si elles fonctionnent, réalisées.

    Claire Seznec

    Ces derniers mois, les élus de la métropole et de la Ville d’Orléans semblent se poser sans cesse une question : comment construire conjointement la ville avec les habitants, les commerçants et les autres acteurs du territoire ? Après le budget participatif lancé au mois de juin, la direction de l’innovation par les services, à la Mairie et à la Métropole, teste une démarche « collaborative et innovante autour de l’expérience du centre-ville ». L’idée est de repenser la manière de délivrer des services aux Orléanais. « Lorsque les élus pensent à la ville, ils pensent, par exemple, à la propreté et au tourisme, alors que pour les citoyens, il s’agit d’une expérience globale, affirme Chrystele Capy, à la tête de cette nouvelle mission créée il y a huit mois. Nous cherchons donc le regard et le point de vue des usagers. »

    « Créer du lien »

    Depuis le mois de janvier, celle-ci travaille en lien avec des ergonomes et des designers de service. Grâce à des photographies et des questionnaires, ils explorent les pratiques quotidiennes des Orléanais afin de déceler comment ces derniers vivent la ville selon les jours de la semaine. Ce qui en ressort ? « Certes, la ville a été embellie ces dernières années, mais il manque des lieux où faire une pause sans consommer et des lieux de détente pour les jeunes enfants, décrit Chrystele Capy. Les citoyens traversent les rues tête baissée. Il faut y remédier. » Suite à ce constat, des idées de solutions sont nées. À terme, toutes ne seront pas réalisables, notamment selon le coût final du projet. Pour l’heure, il s’agit de laisser libre cours à l’imagination. Courant mai, grâce à des ateliers de prototypages, deux idées ont été mises en œuvre pour une phase de test réalisée pendant le mois de juillet : créer des espaces de détente et de jeux dans le centre-ville d’Orléans ; et inventer une « consigne » pour faire ses courses sans contrainte.

    Dans les Halles-Châtelet et, dernièrement, sur la place du Martroi, à raison d’un après-midi à chaque fois, des essais de prototypes ont déjà permis d’avoir un retour sur les projets. Spontanément, les passants s’arrêtent, comme intrigués. Entre la statue de Jeanne d’Arc et le manège du Martroi, un petit salon aux fauteuils et à la table en carton où sont posés des livres et des revues, des grands panneaux pour s’exprimer à l’aide de crayons, une marelle dessinée au sol et un jeu grandeur nature de « géants chevaux » ont été installés mercredi 12 juillet. « On voit bien que le coin lecture ne fonctionne pas beaucoup… Au contraire, le panneau d’expression est assailli de petits mots et de dessins. C’est d’ailleurs intéressant car, à part les enfants, les personnes âgées s’y mettent aussi », constate Chrystele Capy. Les jeux, eux, connaissent un certain succès. La marelle est prise d’assaut. Un parent joue, avec son enfant, aux fameux « géants chevaux ». Une semaine avant, lors de la même expérience aux Halles, cet attrait pour ce type de détente était tout aussi caractérisé : une table de ping-pong, réalisée en carton, avait attiré de nombreux jeunes. « Et leurs parents se sont mis à discuter en les regardant jouer, raconte la directrice de la mission. Ce type de projet permet de créer du lien entre les habitants. »

    Des applications pérennes ?

    Si le lien entre les Orléanais semble primordial pour le bien-vivre ensemble, celui entre les habitants et les commerçants l’est tout autant. Une réflexion sur la création d’une consigne est en cours : « Comment favoriser les circuits-courts ? Comment récupérer ses courses lorsque l’on rentre du travail après 20 h ? » demande Chrystele Capy. Actuellement, les habitudes des consommateurs orléanais sont passées au crible par les designers de service. De nombreuses notions sont prises en compte, comme les relations entre clients et commerçants, l’usage du numérique pour le suivi des commandes, les lieux favoris pour récupérer son achat. « Une fois que l’étude sera terminée, il faudra retraiter les données et les rendre accessibles pour, potentiellement, développer le concept », explique Marie Gatefossey, qui travaille sur ce projet au sein du cluster orléanais Nékoé, une start-up d’innovation par les services.

    Une question se pose enfin : les projets précités seront-ils mis en œuvre ? Car dans la démarche initiée, la Ville et Orléans Métropole agissent comme un support : elles n’ont pas vocation à réaliser, seules, les projets. « Nous ferons un point sur nos tests à la fin de l’été pour ensuite définir, avec les acteurs du territoire et les élus concernés (le service petite enfance pour les jeux par exemple), s’ils peuvent être mis en place et à quel coût », informe Chrystele Capy. Il faudra donc attendre encore un peu pour savoir si l’initiative prend, ou pas.

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    • Le chiffre : 2

      C’est le nombre de projets qui sont actuellement testés et confrontés à la réalité des attentes des Orléanais.