Les Brèves

    « L’apprentissage est de plus en plus associé à l’Université »

    Formation à Orléans

    Martin Oudin est le nouveau directeur du CFA des Universités Centre-Val de Loire. Il présente les spécificités des formations dispensées dans cet établissement et sur le cas de l’apprentissage en université, encore peu connu du grand public.

    Philippe Hadef

    La Tribune Hebdo : À votre arrivée, qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans l’organisation du CFA des Universités Centre-Val de Loire ?

    Martin Oudin : Sa présence sur de nombreux sites, parfois très éloignés les uns des autres. Le CFA gère l’apprentissage pour deux universités – Tours et Orléans – qui ont des antennes sur plusieurs départements. Assurer la présence du CFA sur tous ces sites sans perdre la cohésion de l’ensemble n’est pas une mince affaire.

    La Tribune Hebdo : Qui décide de l’offre de formations et sur quelle base ?

    M.O : L’ouverture de formations à l’apprentissage est le résultat d’un dialogue entre les Universités, le CFA et la Région. Il s’agit d’évaluer la capacité d’une formation classique à s’ouvrir à l’apprentissage, mais aussi la capacité du CFA à accompagner techniquement et administrativement cette nouvelle formation.

    La Tribune Hebdo : L’apprentissage concernant les filières universitaires est-il bien perçu par les employeurs ?

    M.O : De plus en plus. Si traditionnellement, l’apprentissage est volontiers associé à des formations plus techniques, les entreprises réalisent aujourd’hui combien la formule est intéressante pour les filières universitaires, et cela à tous les niveaux. En témoigne le formidable dynamisme de l’apprentissage dans nos universités, du DUT au Master. Cette année, plus de 1 500 apprentis seront accueillis dans les 100 formations associées au CFA.

    La Tribune Hebdo : Comment expliquez-vous que, lorsqu’on parle de l’université, l’apprentissage soit si peu évoqué, voire pas du tout ?

    M.O : Ce constat est excessif. Si l’association université-apprentissage n’est pas encore systématique dans l’esprit du grand public, elle l’est de plus en plus pour les entreprises. Les universités communiquent également de plus en plus sur l’apprentissage et ses avantages en termes de formation et d’insertion professionnelle. La presse économique ou étudiante s’en fait également régulièrement l’écho.

    « Intensifier notre collaboration »

    La Tribune Hebdo : Quelles sont vos relations avec la Région Centre-Val de Loire ?

    M.O : Les compétences de la Région en matière d’apprentissage sont étendues, que ce soit pour l’habilitation même d’un CFA, le plan d’ouverture des formations par apprentissage ou encore le financement de l’apprentissage. Les relations entre la Région et le CFA sont régies par une convention quinquennale. Au-delà de ces aspects règlementaires, la Région Centre-Val de Loire est un partenaire majeur du CFA, particulièrement attaché au développement de l’apprentissage, et notamment de l’apprentissage universitaire.

    « Développer des partenariats stratégiques »
    Martin Oudin

    La Tribune Hebdo : Est-ce facile de trouver un patron pour réaliser son apprentissage et dans quelle spécialité cela est plus ou moins facile ?

    M.O : Quelle que soit la spécialité, la recherche d’apprentissage s’apparente à une véritable recherche d’emploi, dès lors que l’apprenti est un salarié – certes à statut particulier – de l’entreprise qui l’accueille. Le CFA apporte son soutien aux étudiants dans cette démarche, notamment à travers les ateliers de recherche d’un contrat d’apprentissage. Plus généralement, un travail de fond est mené par le CFA auprès des entreprises pour faire connaître les possibilités d’apprentissage au sein des Universités d’Orléans et de Tours. De nombreuses offres d’apprentissage sont ainsi remontées aux responsables de formation pour être diffusées aux jeunes. Pour faciliter et optimiser les mises en relation jeunes-entreprises, le CFA a développé un forum de recrutement dédié à l’apprentissage universitaire : les Rencontres de l’Apprentissage Filières Universitaires (LAFU).

    La Tribune Hebdo : Quelles sont les formations les plus demandées et parvenez-vous à y répondre ?

    M.O : Le nombre de places en apprentissage à l’Université est limité à 20 apprentis en moyenne, même si certains domaines sont très prisés (par exemple les ressources humaines, le commerce, le droit industriel…), nous recevons plusieurs centaines de dossiers de candidature.

    La Tribune Hebdo : Qu’aimeriez-vous voir évoluer dans les années à venir ?

    M.O : Le CFA des Universités Centre-Val de Loire doit intensifier sa collaboration avec ses deux Universités partenaires. Je souhaite aussi développer des partenariats stratégiques avec d’autres acteurs du monde économique, relais de nos actions vers les entreprises. 

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    • Le chiffre : 1 500

      C’est le nombre d’apprentis accueillis dans les formations associées au CFA des Universités Centre-Val de Loire