Les Brèves

    Tourisme : À quoi sert la taxe de séjour ?

    Orléans Métropole

    Depuis le 1er janvier 2017, la taxe de séjour, destinée aux touristes, concerne les vingt-deux communes d’Orléans Métropole. Jusqu’alors, seules trois communes appliquaient ce dispositif. Désormais, qui la paie et qui la reçoit ?

    Claire Seznec

    Chaque année, de plus en plus de touristes français et étrangers passent une ou plusieurs nuits dans la métropole d’Orléans. Rien que dans la cité johannique, le nombre de nuitées a augmenté de 8 % entre 2015 et 2016. Il y a de cela plusieurs années, Orléans avait mis en place une taxe de séjour, tout comme Saint-Jean-de-Braye et Olivet. Depuis le 1er janvier 2017, et suite à la loi NOTRe, elle s’étend à toutes les communes de la métropole.

    À quoi correspond cette fameuse taxe ? « La taxe de séjour est payée par les touristes (sauf les mineurs, les personnes en contrat saisonnier ou encore les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence) séjournant dans les campings, les chambres d’hôtes, les hôtels et les résidences meublées de tourisme, explique Martine Grivot, adjointe à la promotion du territoire et au tourisme à Orléans Métropole. Pour les hôteliers, ça ne change rien : ils gardent le montant de la chambre louée et perçoivent la taxe, qu’ils reversent ensuite à la métropole. »

    De 0,20 € à 4 € la nuitée

    Parmi les espaces taxés dans les vingt-deux communes, on compte 80 meublés touristiques (studios, appartements loués uniquement pendant la saison estivale), 56 hôtels, 16 chambres d’hôtes, 8 résidences de tourisme, 5 campings et une auberge de jeunesse. Concernant les locations de particuliers via la plateforme AirBnB, aucune taxe de séjour n’a été mise en place pour le moment. Actuellement, une vingtaine de villes françaises la testent tout de même, AirBnB collectant elle-même la taxe et la reversant ensuite aux communes. À long terme, toutes les réservations AirBnB devraient cependant être taxées, à Orléans y compris.

    « La taxe de séjour participe vraiment à créer des choses »
    Martine Grivot, adjointe au tourisme

    Les tarifs de la taxe de séjour vont de 0,20 € par nuitée pour les terrains de camping et de caravanage classés en 1 et 2 étoiles à 4 € pour les palaces, même s’il n’y en a pas à Orléans. Il y a donc d’importantes différences. Mais dans la métropole orléanaise, il y a majoritairement des hôtels de 2 à 3 étoiles, soit une taxe de 0,90 à 1,50 €. « Les tarifs ont été votés par Orléans Métropole. Ils se basent sur les montants plafonds, par catégorie, instaurés par la loi », précise Martine Grivot. Les taxes sont collectées tous les trimestres et uniquement par voie numérique. Pour l’heure, aucun agent de la métropole n’a pour rôle de contrôler les établissements payant la taxe de séjour. Rien qu’au premier trimestre 2017 (du 1er janvier au 30 mars), pourtant en hors saison, les communes d’Orléans Métropole ont comptabilisé 199 667 nuitées, dont 110 344 à Orléans et 89 323 dans les vingt-et-une autres communes. La Métropole ne communique pas, par contre, sur la somme récoltée depuis le début de l’année.

    Définir une politique touristique

    Où va cependant cet argent ? Selon la loi, cette taxe de séjour sert à mettre en place une politique touristique. Lorsque la taxe était communale – jusque fin 2016 donc – des actions ont été réalisées dans les communes taxées. À Orléans, par exemple, elle a permis de créer le Son & Lumière de la cathédrale. Maintenant qu’elle est intercommunale, la politique reste à définir. « Nous allons faire un état des lieux après la saison estivale dans chaque commune afin de connaître les attraits touristiques de chacune, complète l’élue. La taxe de séjour participe vraiment à créer des choses que les municipalités seules ne pourraient pas faire, leurs budgets étant forcément moindres. » 

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    • Une future aire de caravanage taxée ?

      Pour développer le tourisme, Orléans Métropole se dote progressivement d’aménagements. Les derniers en date ? Une aire de stationnement, sur les mails, pour les autocars de tourisme, et l’ouverture saisonnière de l’aire de camping-cars sur le Parc Haveaux, près du Parc des Expositions, pour la troisième année consécutive. « Cette dernière n’est pas concernée par la taxe de séjour, informe Martine Grivot, adjointe à la promotion du territoire et au tourisme à Orléans Métropole. Mais l’objectif est de créer une vraie aire dans une commune de la métropole. C’est à l’étude. Nous devons d’abord définir le lieu, le nombre de places et le fonctionnement : faut-il quelqu’un sur place ou installer des bornes de paiement avec une barrière électrique ? »