Les Brèves

    Un plan anti-intrusion opérationnel pour la rentrée

    Collèges du Loiret

    Trois millions d’euros vont être consacrés par le Département pour sécuriser les collèges. « Nous suivons les recommandations du plan Vigipirate renforcé », explique Gérard Malbo, vice-président de la collectivité en charge de l’Éducation. La plupart des systèmes anti-intrusion ou d’évacuation rapide devraient être opérationnels pour la rentrée prochaine.

    Philippe Hadef

    Durant l’année scolaire qui vient de s’écouler, des exercices de sensibilisation ont été menés dans les établissements scolaires. Des opérations de confinement ont été réalisées et, en mars dernier, à Saint-Denis-en-Val, une simulation a mobilisé l’ensemble des services de sécurité afin d’évaluer l’efficience du système d’alerte et de gestion. En ce mois de mars, 400 membres des personnels avaient été mobilisés et les élèves de troisième, volontaires, avaient joué le jeu du confinement, alors que d’autres, issus de l’école d’infirmiers, étaient sollicités pour servir de victimes fictives à ce scénario de tuerie massive.

    Outre ces mesures d’information et ce grand test en situation, de nombreux aménagements avaient déjà mobilisé les services départementaux. « Notamment là où des véhicules de livraison pouvaient pénétrer dans l’enceinte de l’établissement sans identification préalable, explique Gérard Malbo, vice-président du Conseil départemental en charge de l’Éducation. Dans ces cas-là, nous avons fait installer des sonnettes avec caméra pour permettre un contrôle. »

    Une première enveloppe de 1,5 M€ pour l’été

    Trois types de travaux sont ainsi prévus durant l’été, sur l’ensemble des 57 collèges du département. Le premier consiste à empêcher l’intrusion dans les classes : 600 000 € vont ainsi être mobilisés pour évacuer toutes les poignées extérieures. Ainsi, sans clé, aucun moyen de pénétrer à l’intérieur d’une salle de classe. « Ce sont les personnels des collèges qui vont effectuer ces changements durant l’été », précise Gérard Malbo.

    Autre élément de ce plan, la mise en place, pour les classes se trouvant au rez-de-chaussée, d’un film sur les vitres qui empêchera tout regard extérieur, comme le ferait une glace sans tain. Pour cette nouvelle enveloppe de 600 000 €, c’est une entreprise qui a été mandatée, et il faudra un peu de temps pour couvrir l’ensemble des 57 collèges.

    « Il pourra y avoir d’autres mesures spécifiques »
    Gérard Malbo, vice-président du Conseil départemental du Loiret

    Ultime intervention pour cette partie de l’opération, la mise en place de « clôtures fusibles ». Il s’agira cette fois de permettre une évacuation rapide des élèves. « Cela peut permettre, par exemple, là où il y a des clôtures en grillage, d’abattre les cloisons très rapidement à certains endroits et de multiplier ainsi les possibilités de sortie du périmètre du collège », ajoute le vice-président du conseil départemental. Une entreprise assurera ces aménagements pour un montant de 300 000 €. Elle devra évidemment s’adapter aux différentes configurations rencontrées. Au total, la facture s’élèvera donc à 5 M€ et sera compensée – a priori sur un montant correspondant à 50 % des investissements – par une dotation du fond interministériel de la prévention de la délinquance.

    Des alarmes silencieuses et discrètes

    La liste des mesures ne s’arrête pas là pour autant : « il faut aussi profiter des gros travaux d’entretien qui sont programmés régulièrement pour identifier les besoins et, le cas échéant, installer des caméras de surveillance si cela est nécessaire », exprime Gérard Malbo. S’il est important d’avoir la capacité de réagir face à la menace, encore faut-il être prévenu que celle-ci existe bel et bien : plusieurs collèges du département ont ainsi déjà été équipés d’alarmes silencieuses : « il s’agit là d’éviter la panique chez de potentiels agresseurs, tout en permettant à l’ensemble des personnels et élèves de pouvoir prendre les dispositions nécessaires au plus vite. Ces alarmes transitent sur les smartphones des équipes de direction, des personnels, des enseignants et sur les ordinateurs de l’établissement », précise Gérard Malbo. Ce dispositif va se généraliser dans tout le département.

    Enfin, durant l’année scolaire, l’ensemble des occupants de ces collèges sera sensibilisé à ces incidents potentiels afin de réagir au mieux. Car si ces installations peuvent permettre de réduire les risques et de préserver au mieux les collégiens d’agressions potentielles, l’efficience de ces investissements passera immanquablement par une capacité de l’ensemble des occupants à réagir correctement en fonction de la menace.

    Pour le reste, outre ces interventions généralisées, certains collèges peuvent avoir des besoins spécifiques en fonction de leur configuration, et « il pourra y avoir des mesures spécifiques en fonction des particularités de certains établissements », annonce le vice-président du Conseil départemental. La liste des travaux de mise en sécurité n’est donc pas close : « nous suivrons chaque recommandation qui pourrait venir s’ajouter dans le cadre du plan Vigipirate », termine d’ailleurs Gérard Malbo. C’est ainsi une enveloppe de trois millions d’euros qui sera consacrée à cette sécurisation.

    Les Brèves

    • Le chiffre : 3 M€

      C’est la somme qui sera investie par le Département du Loiret pour sécuriser les collèges du territoire.