Les Brèves

  • « Aucun souci… »

    C’est la réponse de Didier Ollé-Nicolle lorsqu’on a voulu savoir s’il avait toujours été payé en temps et en heure depuis qu’il a signé à l’USO. Le technicien orléanais a indiqué que le staff et les joueurs avaient été logés à la même enseigne sur ce point.

Un match pour y croire

USO Foot

L’USO jouera vendredi, au Havre, une partie de son avenir en Ligue 2. Un bon résultat en Normandie permettrait aux hommes de Didier Ollé-Nicolle de viser un barrage contre le troisième du championnat National, les 23 et 28 mai prochains. Benjamin Vasset


Vendredi dernier, sur les coups de 20 h 40, il a flotté une drôle de sensation au stade de La Source. On jouait depuis huit minutes, tous les spectateurs n’avaient pas encore posé leurs fesses sur leurs sièges, et l’USO se retrouvait déjà mené de deux buts face au Clermont-Foot. Une grosse demi-heure plus tard, deux coups de boutoir de Yannick Gomis, la trouvaille de cette fin de saison, avaient ramené les Orléanais au contact des Auvergnats. Si le tableau d’affichage n’évoluait pas durant une seconde mi-temps plus atone, l’USO avait réussi à sauver les meubles. Elle jouerait bien sa peau, ce vendredi, au Havre, lors d’un match couperet que tout sportif de haut niveau rêve forcément de jouer… et surtout de gagner.

« L’équipe a su réagir de façon merveilleuse, témoignait en début de semaine Didier Ollé-Nicolle, l’entraîneur de l’USO. Elle a été dans la logique de ce qu’elle a donné au public de La Source ces dernières semaines. » On peut donner du crédit à l’affirmation du technicien orléanais : les 6 791 spectateurs recensés vendredi dernier à La Source prouvent qu’il est en train de se passer quelque chose entre l’USO et ses supporters. L’enjeu de cette fin de saison y aide, tout comme le sentiment diffus, aussi, du seul contre tous. Un vecteur puissant qui s’avère être l’un des meilleurs ciments existants pour fédérer les passions. Les récentes sorties de l’USO devant son public ont également accouché de scénarii appréciables : victoire au forceps contre un ténor (Lens, 2-1), démonstration éclatante contre un adversaire direct (le Red Star, 4-0)… Les Orléanais auront, c’est certain, donné des émotions à leurs aficionados ces derniers temps. Ce que constate sans protester Didier Ollé-Nicolle : « on m’avait dit en arrivant que le public orléanais pouvait être assez froid et difficile dès lors que les choses ne tournaient pas bien, déclare l’entraîneur de l’USO. Moi, je trouve qu’Orléans a un bon public, qui est derrière son équipe. Il aura son rôle à jouer prochainement… »

« Deux matchs de Coupe »

Prochainement, ce pourrait être les 23 et 28 mai prochains, lors du barrage aller-retour qui fera s’affronter le 18e de Ligue 2 au 3e de National. Deux dates qu’a cochées depuis pas mal de temps le staff de l’USO. « On savait, depuis qu’on s’est vu retirer quatre points, que le maintien direct serait compliqué à obtenir », souligne le coach orléanais. En cas de match nul au Havre, vendredi, lors de l’épilogue de la saison « régulière » de Ligue 2, l’USO serait assurée de jouer ce barrage. Une victoire d’Auxerre contre le Red Star permettrait aussi à Orléans de se mesurer, à coup sûr, au 3e de National. Seule une victoire des banlieusards parisiens en Bourgogne, conjuguée à une défaite des Loirétains en Normandie, enverrait l’USO directement en enfer… Ce n’est évidemment pas l’option envisagée du côté du stade de La Source. « Sachant d’où l’on vient, faire ce barrage serait déjà une semi-victoire, relève Didier Ollé-Nicolle. La saison se jouerait alors sur une semaine et sur deux matchs de Coupe. Mais vous savez, on est déjà tous les week-ends dans cet état d’esprit-là. On n’a pas eu trop de droits à l’erreur… »

« Faire ce barrage serait déjà une semi-victoire »
Didier Ollé-Nicolle, entraîneur de l’USO

Depuis son arrivée au club, à la fin du mois de décembre dernier, « DON » a fait gagner 27 points à son équipe sur le terrain, pour un bilan de huit victoires, trois nuls, et sept défaites. Sur ses trois dernières rencontres, l’USO reste en outre sur deux victoires et un nul. « Au moment de ma prise de fonction, j’avais dit aux joueurs que l’on aurait besoin de deux séries de victoires jusqu’à la fin des matchs retours, explique Didier Ollé-Nicolle. On en a eu une en janvier-février. Il y a ensuite eu un contrecoup physique et mental, qui était aussi lié à la perte des quatre points. Depuis trois matchs, j’espère que l’on est sur cette deuxième série de victoires et que l’on est en train de retrouver un second souffle. »

Satisfait des « vieux »

Pour se donner le droit d’y croire encore, quelque chose a bien évidemment changé par rapport à la première partie de saison, durant laquelle les USOïstes n’avaient glané que 15 points. Didier Ollé-Nicolle est souvent resté fidèle à un système en 4-2-3-1. Le jeu n’a pas toujours été mirifique, mais l’équipe a semblé, en tout état de cause, plus solide et plus compacte. En janvier, « DON » réclamait une équipe qui soit « chiante à jouer ». Mis à part quelques trous d’air comme à Troyes ou Valenciennes, il a été entendu par ses hommes. Et le coach orléanais a, en outre, eu une belle inspiration : titulariser en pointe Yannick Gomis, auteur d’un triplé contre le Red Star et d’un but et demi face à Clermont. L’avant-centre sénégalais a dynamité une attaque orléanaise qui avait jusque-là du mal à trouver la bonne carburation. Réflexe d’entraîneur voulant protéger son jeune buteur, Didier Ollé-Nicolle tempère : « je valide également la bonne moitié de saison de garçons d’expérience comme Pierre Bouby ou Karim Ziani. Ils ne sont pas finis pour le foot, bien au contraire… D’autres jeunes ont aussi mis le nez à la fenêtre, comme Youssouf ou N’Goma. Le petit Gomis est jeune. Pour l’instant, il donne entière satisfaction, mais il faut qu’il prouve sa constance sur plus de matchs. »

Évidemment, cette redistribution des cartes a eu pour effet de placer le milieu offensif Mickaël Barreto – pourtant élu meilleur joueur de la saison par les supporters – plus souvent sur le banc lors des derniers matchs. « Mais on joue à 11, c’est la concurrence », assume Didier Ollé-Nicolle qui, comme tout coach, n’aime pas trop justifier ses choix face aux médias. Toujours est-il que l’entraîneur orléanais met en avant le fameux « état d’esprit » de son groupe, « multiculturel et multi-âge. » « Avec les premières victoires, tout le monde s’est approprié la méthode, poursuit « DON ». Les garçons ont été au bout d’eux-mêmes. Pas un seul n’a triché. Et beaucoup d’entre eux ont progressé, ou éclos. »

« No comment »

Même si l’hypothèse du barrage ne se vérifiera que vendredi soir sur les coups de 22 h 45, le staff orléanais a déjà commencé à bosser sur les adversaires potentiels qu’il pourrait affronter les 23 et 28 mai prochains. « Gouverner, c’est prévoir », assure le technicien loirétain. Seul souci : cinq équipes de National postulaient encore, avant la dernière journée, à cette si désirable troisième place. Cela fait du monde à superviser, mais le staff « prévoit toutes les éventualités », nous a-t-on soufflé lundi dernier. Si Didier Ollé-Nicolle accepte volontiers d’évoquer ces deux échéances, il refuse en revanche de se projeter plus loin. « Je reste concentré sur ces trois derniers matchs éventuels. Il sera toujours temps, ensuite, de faire une analyse plus détaillée. On tirera les conséquences à la fin du bal. Pour l’instant, il ne faut pas se diluer. » Avant d’aller un peu plus loin : « L’USO est un club entre le National et la Ligue 2, avec le plus petit budget du championnat, excepté Clermont. S’il fait le yoyo depuis trois ans, c’est qu’il y a des raisons. À l’avenir, il faudra peut-être changer de fonctionnement interne et de comportements. Parce qu’un club ne peut pas indéfiniment être un coup en L2, un coup en National. Il faudra passer un virage. »

Celui-ci pourrait être impulsé, de manière encore bien hypothétique, par la vente d’un club qui a passé toute sa saison à payer le prix de sa redescente en National, en juin 2015. Au cours de cette deuxième moitié de saison, rien n’aura ainsi été épargné aux joueurs et au staff, entre la perte des quatre points sur le terrain administratif, les rumeurs de rachat du club, la démission de son directeur administratif et la révélation de la plainte de la SASP contre le président de l’association… À la question de savoir s’il a déjà vécu des expériences aussi rock n’roll en dehors du terrain, Didier Ollé-Nicolle, qui en a pourtant vu d’autres, soupire et finit par botter en touche : « non, je ne répondrai pas à cette question… » 

Les Brèves

  • Restera, restera pas ?

    Alors que des matchs capitaux sont à préparer pour l’USO, Didier Ollé-Nicolle ne veut pas (encore) répondre aux questions sur son avenir personnel. Et répond seulement : « j’ai signé 18 mois + une année en option en cas de maintien. »