Les Brèves

    Que faire contre le diabète ?

    Prévention et dépistage du diabète

    Avec plus de 30 000 malades, le Loiret est l’un des départements les plus touchés par le diabète, qu’il soit de type 1 ou de type 2. Ce problème de glycémie, s’il est connu, s’est accru ces dernières années. En cause, une alimentation trop grasse. Mais cette tendance pourrait s’inverser. 

    Claire Seznec


    « Le diabète, c’est une des maladies les plus ennuyeuses… », commence Riad Farah, diabétologue à la clinique de l’Archette, à Olivet. Ennuyeuse car elle est la quatrième cause d’hospitalisation en France. Elle est insidieuse et beaucoup de personnes ignorent qu’elles en sont atteintes. D’ailleurs, sur les 3,5 millions de diabétiques français, 3 à 500 000 ne le savent pas. Généralement, ils le découvrent quand ils commencent à ressentir des effets sur leur santé. Il est donc important de se faire dépister.

    Dans le Loiret, on compte 33 749 diabétiques ayant 66,3 ans en moyenne (en 2016). « Et cela a augmenté ces dernières années », précise le docteur. C’est l’un des départements français les plus touchés. Mais, aujourd’hui, les causes demeurent dans l’ensemble inconnues, même s’il y a une importante part d’hérédité. « On distingue deux maladies différentes : le diabète de type 1 (3 à 5 % des diabétiques en France) et le diabète de type 2 (90 à 95 % des diabétiques en France). Dans les deux cas, il faut prendre en compte la prédisposition génétique », complète Riad Farah. Il existe tout de même d’autres facteurs de risque, notamment pour le type 2. Et il faut aussi un suivi régulier afin d’éviter des complications comme la cécité, les risques cardio-vasculaires, l’artérite, voire l’amputation, car le diabète bouche les artères. « 5 à 10 % des diabétiques subiront une amputation d’orteil, de pied ou de jambe, estime le spécialiste. Le diabétique doit consulter un médecin, même pour un simple bleu. »

    Trop de sauces, trop de CRÈMES !

    Le diabète de type 1 peut survenir dans l’enfance ou à un jeune âge adulte : certaines cellules s’autodétruisent, ce qui fait diminuer l’insuline (hormone dont l’action est de permettre l’utilisation du glucose sanguin) et fait augmenter la glycémie. « Le diabétique de type 1 doit mesurer son taux de glycémie avant et après chaque repas, et, au besoin, faire une injection d’insuline », explique Riad Farah. Et ce durant toute sa vie. Sans les injections d’insuline, un diabétique de type 1 risque le décès en quelques semaines. Pas de panique pour l’injection en elle-même : aujourd’hui, les diabétiques n’utilisent plus de seringue, mais une sorte de stylo muni d’une petite aiguille indolore.

    « Le premier ennemi, c’est le gras ! »
    Riad Farah, diabétologue à la clinique de l’Archette

    Le diabète de type 2, lui, touche surtout les personnes en surpoids voire obèses, et peut survenir à tous les âges de la vie. Dans ce cas, l’insuline diminue, la résistance à l’insuline et la glycémie augmentent. Là, tout passe par l’activité physique (en moyenne 30 minutes par jour) et par la diététique, afin que le corps redevienne résistant. « Dans notre société, nous mangeons trop de sauces, trop de crèmes, regrette le médecin. Et beaucoup ne prennent pas de petit déjeuner, ce qui favorise la prise de poids et, à long terme, potentiellement le diabète. Finalement, le grand méchant n’est pas le fast food ! » Un diabétique de type 2 doit alors suivre les classiques recommandations en matière alimentaire : manger trois fruits par jour, des légumes et des féculents à chaque repas, limiter les matières grasses comme le beurre, bannir les sodas et les sirops. Sans pour autant ne pas profiter des moments festifs. Parfois, lorsque la perte de poids d’un diabétique est importante, ce dernier n’a plus besoin d’insuline pour le bon fonctionnement de son corps. Bien manger est donc une priorité. « J’ai bon espoir que ce type de diabète baisse dans les années à venir, confie Riad Farah. Les enfants et les adolescents d’aujourd’hui sont beaucoup plus sensibilisés à avoir une alimentation équilibrée que leurs parents. » 

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    • Une journée de dépistage

      En amont de la semaine nationale de prévention du diabète (du 2 au 9 juin), le Lions Club d’Orléans organise une opération gratuite de dépistage du diabète en lien avec des nutritionnistes, des infirmiers et des médecins, dont le diabétologue Riad Farah. Tous les adultes de plus de 18 ans sont invités à se faire dépister au moyen d’un auto-piqueur individuel et d’un lecteur de glycémie. Cela ne dure que deux minutes. Évidemment, ce dépistage n’empêche pas d’aller voir un médecin. Cette journée de dépistage se déroule samedi 20 mai, à partir de 10 h, au centre commercial Place d’Arc. Afin de savoir si vous avez des prédispositions au diabète, il est possible de réaliser un test en ligne sur le site « Contre le diabète », de la Fédération française des diabétiques.