Les Brèves

    Des fêtes dans une ambiance de « famille »

    Bilan

    Faute d’un président médiatique, aucune bousculade lors du défilé et un public moins compact que lors des deux dernières éditions des fêtes johanniques. Un « entre-soi » que ne regrette pas le maire d’Orléans Olivier Carré d’autant que, dans un contexte très particulier, le reste du programme – et notamment le concert de Laurent Voulzy – n’aura pas manqué de moments marquants qui pourraient générer des envies pour l’avenir… Entretien.

    Philippe Hadef


    La Tribune Hebdo : Même si vous avez transformé la présidence initiale en une multi-présidence, avez-vous des regrets quant à la décision de Jean-Louis Borloo ?

    Olivier Carré : Non, pas de regret. C’est toujours intéressant d’avoir les discours de la personnalité que l’on invite. Et il vient là pour cela, c’est un échange. Le fait, finalement, de ne pas avoir eu de présidence extérieure a permis de mettre la Métropole à l’honneur. Certes, c’était un peu de l’entre-nous, mais c’était aussi l’occasion de délivrer beaucoup de messages à destination des Orléanais au sens large, et cela a plutôt bien marché. J’ai vu que, durant le défilé, nous avions été très soutenus par les personnes présentes. Je pense que l’image donnée de cette union est forte. Elle recoupe une certaine aspiration des Français, que les choses soient pilotées comme cela. Qu’il y ait des projets, mais des projets qui fédèrent.

    La Tribune Hebdo : Dans la stratégie initiale de ce mandat de faire rayonner les fêtes johanniques à destination de l’extérieur, n’est-ce pas en revanche dommageable ?

    Olivier Carré : Je pense qu’il y aura d’autres occasions pour aller dans ce sens-là. C’est vrai que, sans faire injure à cette dernière, il n’y avait que la presse locale présente pour se faire écho des fêtes. Mais on aura, sur l’objectif du rayonnement, bien d’autres occasions de se rattraper. J’en suis convaincu.

    La Tribune Hebdo : Cet épisode-là vous a quand même donné à penser sur l’attractivité de ce rendez-vous ?

    Olivier Carré : Non, pas du tout. Les circonstances d’environnement politique sont majeures. Jean-Louis Borloo, au dernier moment, n’intervient pas parce qu’il considère que sa parole publique doit être mise en retrait, d’autant qu’il s’est engagé assez fortement aux côtés du nouveau président de la République. De la même manière, il n’était pas question pour moi d’inviter d’autres personnalités politiques. Elles étaient toutes engagées dans le débat public, et il était de hors de question d’avoir des interventions partisanes pendant les fêtes. Ce n’est que tous les cinq ans… Et concrètement, d’autres invités, de vraies personnalités, cela ne se fait pas au dernier moment.

    La Tribune Hebdo : Justement, à partir de quelle période commencez-vous à prendre des contacts pour la présidence des fêtes johanniques ?

    Olivier Carré : Cette fois, j’ai commencé à y réfléchir et à agir à partir du mois de novembre. Cela se fait très longtemps à l’avance.

    La Tribune Hebdo : Et initialement, comment Jean-Louis Borloo avait-il perçu votre proposition ?

    Olivier Carré : Très positivement. Compte tenu du retentissement des fêtes l’année dernière avec la venue d’Emmanuel Macron, tout le monde a perçu qu’elles pouvaient être porteuses de messages, et Jean-Louis Borloo l’avait bien compris. Deuxièmement, on se connaît bien, je lui avais dit qu’à ce moment-là de la vie publique, seule la parole de quelqu’un qui s’était désengagé de la vie politique, mais qui en même temps continuait à avoir un regard sur elle, pouvait faire émerger un message en lien avec l’universalité de Jeanne d’Arc et l’esprit de concorde que j’ai moi-même évoqué… Il a des combats importants sur le plan humanitaire et de l’écologie, et cela me paraissait être bienvenu.

    « Tout le monde a compris que les fêtes pouvaient être porteuses de messages…  »
    Olivier Carré, maire d’Orléans.  

    La Tribune Hebdo : Il y a eu plusieurs nouveautés dans cette édition des fêtes johanniques, et notamment la présence de Laurent Voulzy. Est-ce que cette opportunité qui s’est créée par l’appétence de l’artiste pour cette période vous a donné des idées pour l’avenir ?

    Olivier Carré : Il y a un autre élément nouveau : toute la journée du samedi qui a précédé le défilé, il y a eu une activité très forte dans la ville. Il y a eu beaucoup de déambulations, beaucoup d’activités, la ville était en fête. Il y a eu une forme de « top départ » pour faire en sorte que les fêtes de Jeanne d’Arc, ce ne soit pas une soirée et une journée, mais un soir et deux jours… C’est quelque chose sur lequel il faudrait réfléchir. L’autre élément effectivement, alors que le set électro est un moment fort de ces festivités, c’est de constater qu’avec le concert de Laurent Voulzy, il y avait de la place pour un autre moment de qualité, culturel, qui s’adresse à un autre type de public. Là il y a eu une opportunité, car on savait que l’embrasement serait programmé le vendredi et que le défilé aurait lieu le dimanche… C’est là que nous nous sommes souvenus des échanges entre Laurent Voulzy et le public au Zénith lors de son concert. Serge Grouard m’en avait aussi parlé il y a longtemps. Donc, tout cela a fait qu’il y a eu cette mayonnaise et que, de surcroît, il était aussi disponible car il est difficile, avec des artistes de cette envergure, d’avoir la chance de tomber à une date possible pour eux.

    La Tribune Hebdo : Maintenant que ces fêtes sont terminées, commencez-vous déjà à réfléchir à la personnalité qui pourrait présider les prochaines ? Quel pourrait être le portrait-robot idéal pour cette future présidence ?

    Olivier Carré : On va voir… Il est de tradition qu’après le scrutin présidentiel, le nouveau président de la République soit invité dans l’année qui suit son élection.

    La Tribune-Hebdo : Vous pensez que cela pourrait lui rappeler de bons souvenirs ?

    Olivier Carré : Je ne sais pas. Je crois que cela a été un bon souvenir pour lui...

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